Le 18 mars 1777, Geneviève, jeune esclave albinos née à Saint-Domingue, débarque au Havre pour être étudiée et exhibée.
Au siècle des Lumières, les savants européens s’interrogent sur l’origine des couleurs de peau et sur l’unité ou la pluralité de l’espèce humaine. Ils cherchent des réponses dans les exceptions, notamment chez les albinos d’Afrique. Leur démarche oscille alors entre méthode scientifique et préjugés raciaux. Geneviève devient tour à tour spécimen, attraction et objet d’étude, souvent sexualisée.
À peine arrivée au Havre, elle est examinée et dessinée par l’abbé Dicquemare. À Paris, elle est exhibée, scrutée et sexualisée, préfigurant de 33 ans le sort de la Sud-Africaine Saartjie Baartman, surnommée la « Vénus hottentote ».
A ce jour, l’historiographie a surtout retenu de Geneviève le cas scientifique. Il s’agit ici de lui rendre sa place de sujet, en croisant portraits, généalogie, descriptions savantes et archives, jusqu’aux traces les plus ténues. Raconter une vie plutôt qu’aligner des chiffres, permet aussi de sortir ces destins de l’abstraction et de s’affranchir de la logique comptable des sources européennes sur la traite
Centre Havais de Recherche Historique (CHRH)
Conférence animée par Lucile Haguet
Salle Gaston-Legoy, Archives municipales, Fort de Tourneville
Entrée 5€ pour les non-adhérents
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Archives municipales du Havre
Fort de Tourneville / 55, rue du 329e R.I
76620 - Le Havre
Téléphone : 02 35 19 45 18