Dès les débuts de la Première Guerre mondiale, plusieurs pamphlétaires et quelques illustrateurs de presse écrite, se mobilisent pour révéler la brutalité des armées, l’absurdité des combats et la violence des affrontements, qui vont ravager l’Europe durant cinq sanglantes années. C’est ainsi que se montrent, parfois, singulièrement dérangeants, quelques-uns des caricaturistes du moment. La mobilisation des esprits passe par le patriotisme exacerbé, par un nationalisme revanchard et par la haine des Allemands. Les Archives municipales du Havre proposent ici, parmi plus de deux cent cinquante documents de grand format, conservés dans le fonds contemporain de la série H (Affaires militaires) et consultables librement, une sélection de caricatures et de dessins de propagande publiés durant la Première Guerre mondiale. Ces œuvres effleurent la diversité des expressions artistiques du moment : un regard caustique sur cette période de l’histoire européenne.



SEM
(1863-1934)

De son vrai nom Georges GOURSAT, est né à Périgueux en 1863 et décédé à Paris en 1934. Considéré comme un illustrateur mondain, il dépeint la guerre sans réelle vigueur et cela lui fut reproché. Correspondant de guerre, il a rapporté du front ce que l’Armée a bien voulu lui montrer. Même s’il a été affecté par la brutalité des combats et la déchéance des hommes, il ne saura pas décrire, avec autant de vigueur, la boucherie que certains de ses confrères, auteurs et dessinateurs, sauront mettre en évidence.

Francisque POULBOT
(1879-1946)

Né à Saint-Denis en 1879 et mort à Paris en 1946, s’est affirmé comme un illustrateur de talent. Appelé sur le front dès 1914, il est réformé l’année suivante. Il produit alors des affiches et des cartes postales à vocation patriotiques, avec, pour certaines œuvres, un esprit revanchard maqué dont ses titis parisiens sont une caricature. Cela lui vaudra d’être assigné à résidence par l’occupant allemand, durant la Seconde Guerre mondiale.

Adolphe Léon WILLETTE
(1857-1926)

Né à Châlons-sur-Marne en 1857, décède à paris en 1926. Peintre, illustrateur et caricaturiste, il est avec Forain, le normand Mare et les parisiens Neumont et Poulbot, un fondateur en 1920, de l’association philanthropique et pacifique la « République de Montmartre » imaginée par le dessinateur publiciste Joë Bridge (1886-1967). Durant la Première Guerre mondiale, il saura mettre son incisif crayon au service de la Nation.

Charles Dominique FOUQUERAY
(1869-1956)

Il est désigné comme peintre d’histoire, mais il est surtout connu pour avoir été peintre officiel de la Marine et du Musée des Armées. Durant la Première Guerre mondiale, il participe à ce mouvement de mobilisation des esprits et dépeint le quotidien des soldats sous la forme d’affiches de propagande.

Théophile-Alexandre STEINLEN
(1859-1923)

Né à Lausanne en 1859, il se fait naturaliser français en 1901. Peintre, sculpteur, illustrateur et affichiste, son crayon est prompt à rendre prégnante la misère des hommes. C’est ainsi que lors de la Première Guerre mondiale, il se penche sur le destin de la Belgique et de la Serbie.

HANSI
(1873-1951)

De son vrai nom Jean-Jacques WALTZ, est né à Colmar en 1873 et mort dans sa ville natale en 1951. Artiste et caricaturiste accompli, il a croqué les scènes alsaciennes, ridiculisant les Allemands durant l’occupation de sa province. Sa position antigermanique l’amène, en 1913, devant les tribunaux allemands qui le condamnent à la prison. Engagé au 152e RI, il occupe une place d’interprète avant de rejoindre une section de propagande. Avec le retour de l’Alsace et de la Lorraine à la France, l’après-guerre marque aussi le déclin de popularité de ce polémiste brillant.