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Dès le début du XXe siècle, l’Europe se déchire en deux groupes : d’un côté, la Triple Alliance (Allemagne, Autriche, Italie) et de l’autre, la Triple-Entente (France Royaume-Uni, Russie). Lorsque la guerre éclate au début de l’été 1914, les forces armées se lancent rapidement une guerre totale d’une extrême violence. Les populations civiles sont rapidement entraînées dans un affrontement général. La Première Guerre mondiale va durer jusqu’en 1918. Les alliés de la France emportent la victoire. Mais l’Europe en sort, gravement fragilisée.


Le Havre est devenu autre chose : une sorte de Babel trépidante et grouillante où se côtoient toutes les races du monde, où l’on parle beaucoup anglais, beaucoup flamand, où l’on retrouve moins souvent cet accent trainard et goudronné qui est l’accent de l’indigène… C’est donc bien Le Havre, cette ville bruyante et bigarrée, où l’auto militaire circule au milieu d’un méli-mélo d’uniformes, où l’on frôle l’Anglais, le Belge, l’Américain, le Portugais, le Serbe, le Russe, le Marocain, le Chinois, l’Annamite et même le Français. Le Havrais natif de la côte salée est fondu désormais dans la masse cosmopolite qui roule son flot abondant à travers nos grandes artères à certaines heures de la journée.
Albert Herrenschmidt, Au Fil des Jours, La Maison du Livre, Paris, 1918.