L’ANSE DES PILOTES, DEVANT LE MUSEE DES BEAUX-ARTS

Bernardin de Saint-Pierre, originaire du Havre s’était éteint à Eragny (Val d’Oise) en 1814. Peu de Havrais s’émeuvent à l’époque de cette disparition. Casimir Delavigne, né dans le quartier Saint-François en 1793, décède à Lyon le 11 décembre 1843. Une grande souscription pour la réalisation de deux statues à la gloire des écrivains locaux prend naissance au Havre et se répand jusqu’à Paris. Le sculpteur David d’Angers se propose pour réaliser gracieusement les œuvres. Le temps passe, les sommes nécessaires pour l’engagement des travaux n’arrivent pas. Les souscriptions pour l’achat du bronze se font attendre. Finalement il faudra quatorze années pour que le projet se concrétise.
Fin juillet 1852, les sculptures, pesant deux tonnes chacune, sont livrées au Havre pour une inauguration solennelle, en présence d’Alfred de Musset, le 9 août, sur le parvis, devant le Musée-Bibliothèque, face au Grand-Quai. Car le bâtiment, inauguré en 1845, abrite sous un même toit, deux galeries d’histoire naturelle, le Musée de peinture et la bibliothèque publique.
Rien d’illogique alors que les statues, œuvres d’art représentant deux gloires havraises en littérature, accueillent le visiteur de cet édifice. Le Havre grandit petit à petit et les axes de circulation prirent de l’importance, avec l’agrandissement des voies charretières et l’implantation d’un tramway. La conséquence ne se fit pas attendre : du fait du manque de recul, le passant ne peut plus apprécier le caractère majestueux des œuvres. Il faut envisager un autre lieu de présentation. Cette nouvelle disposition permettra en outre, d’accroître la surface du parvis du Musée en repoussant les grilles de 5 mètres vers le sud.


Archives municipales du Havre, cote 7Fi107